Les cafés de Sarajevo qu'on aime — et pourquoi ils valent votre temps
Publie le:
Sarajevo tourne au café. Pas dans le sens fonctionnel de caféination de certaines villes, mais d’une façon plus profonde, sociale : la kafana, le café, le coin avec la džezva toujours en chauffe — ce sont les endroits où se prennent les décisions, où se maintiennent les amitiés, où se passent les après-midis productifs.
Le problème pour les visiteurs, c’est que les meilleures adresses ne sont pas toujours les plus visibles. L’artère touristique le long de la Ferhadija et la place de Baščaršija comptent de bonnes adresses, mais les endroits les plus atmosphériques ont tendance à être légèrement en retrait du chemin principal, dans des cours, en haut d’escaliers, ou dans des quartiers que les touristes atteignent rarement sans raison.
Voici quelques-uns des endroits où on revient.
La cour du Morića Han
Le Morića Han est l’un des derniers hans ottomans (caravansérails) subsistants dans les Balkans. Construit aux seizième ou dix-septième siècle, il a servi pendant des siècles d’étape pour les marchands traversant Sarajevo. Le bâtiment a été partiellement restauré ; la cour — un carré d’arcades en pierre et de balcons en bois — accueille désormais des boutiques d’artisanat et, point crucial, un café dans un angle.
Le café lui-même n’est pas remarquable en termes de décoration. Ce qu’il offre, c’est le cadre : un café dans une cour vieille de quatre cents ans au cœur de Baščaršija, où le bruit des ruelles du bazar est remplacé par quelque chose de plus calme et d’intérieur. En été, la cour est ombragée et fraîche. En hiver, le coin intérieur est chaud.
Adresse : à l’écart de Bravadžiluk, près du complexe de la mosquée Gazi Husrev-beg. Ouvert tous les jours.
Café Divan
Un café dans le style kafana près de la Vijećnica (Hôtel de Ville), Divan propose du café bosnien traditionnel ainsi que des alternatives filtrées et une petite sélection de gâteaux. L’intérieur est en bois foncé avec un bon éclairage — le genre d’endroit conçu pour rester, pas pour passer.
Ce qui vaut la visite au-delà du café, c’est la proximité avec certains des moments historiques les plus marquants de Sarajevo : la Vijećnica fut incendiée en 1992 et abritait l’une des plus grandes collections de bibliothèques au monde, en grande partie détruite. Elle a été restaurée. Divan est dans l’ombre de ce bâtiment, sans le souligner pour autant.
Zlatna Ribica
Rue Kaptol, légèrement à l’est de la zone touristique principale, Zlatna Ribica est un petit bar-café rempli d’antiquités qui fonctionne à peu près sous la même forme depuis des décennies. Les murs sont couverts d’objets vintages — horloges, photographies, curiosités — et l’atmosphère est résolument locale.
Le café est bon. La musique tend vers les compositions yougoslaves d’époque et parfois le jazz vinyl. Ce n’est pas une destination touristique ; c’est une institution de quartier que les touristes trouvent parfois. Si vous cherchez un endroit calme pour un verre en milieu d’après-midi loin de la foule, c’est une option fiable.
La Kafana Inat Kuća
Inat Kuća — « La Maison du Dépit » — doit son nom à un vrai épisode d’obstination sarajévienne : quand l’administration austro-hongroise voulut démolir une maison pour construire la Vijećnica, le propriétaire refusa. L’administration fit physiquement déplacer la maison de l’autre côté de la rivière, pierre après pierre, à son emplacement actuel. Le propriétaire, ayant fait valoir son point, accepta le déménagement.
La kafana aujourd’hui est principalement connue comme restaurant (bonne cuisine bosnienne traditionnelle) mais fonctionne tout aussi bien comme arrêt café. Asseyez-vous sur la terrasse au-dessus de la Miljacka pour la vue vers la Vijećnica et le vieux rempart de la ville.
Les kafanas de quartier
La meilleure expérience de café à Sarajevo, honnêtement, se vit souvent dans des kafanas sans nom dans les quartiers résidentiels. Les zones de Kovači et Bistrik au-dessus de Baščaršija, et les quartiers de Grbavica et Hrasno au sud de la rivière, comptent des dizaines de petits spots locaux dont la clientèle est entièrement sarajévienne.
Ces endroits ne figureront sur aucune liste. Ils seront identifiables aux džezvas derrière le comptoir, au journal local sur la table, à la télévision qui diffuse un match ou éteinte. Le café coûtera 2 BAM. L’atmosphère sera totalement dépourvue de mise en scène.
Montez à pied depuis Baščaršija vers Bistrik et asseyez-vous dans la première kafana qui a l’air d’être fréquentée par des locaux. C’est la recommandation.
L’artère touristique et quand c’est acceptable
Les cafés le long de la Ferhadija et autour de la place de Baščaršija ne sont pas mauvais. Certains sont vraiment bons. Le problème est qu’ils fonctionnent à un niveau de prix (4 à 6 BAM pour un café, 12 à 15 BAM pour une pâtisserie) qui reflète le trafic touristique plutôt que les normes de Sarajevo, et l’atmosphère est calibrée pour des gens qui seront là vingt minutes et passeront à autre chose.
Si vous voulez quelque chose de confortable et pratique pendant une journée chargée en visites, ils servent à cela. Si vous voulez la vraie expérience du café sarajévien — la džezva, le fildžan, l’absence de précipitation — les adresses ci-dessus sont meilleures.
Note sur la visite en hiver
Sarajevo en hiver est la période où la culture du café se concentre le plus. Les spots avec cour en plein air cèdent la place aux intérieurs chauds ; les kafanas se remplissent de locaux qui ne sont nulle part ailleurs un après-midi de décembre froid. Si vous visitez en hiver, le circuit des cafés est l’une des façons les plus agréables de passer un après-midi.
Le guide du rituel du café bosnien explique la préparation et les usages en détail si vous souhaitez comprendre ce qu’on vous sert et pourquoi.
La note honnête sur le tourisme du café
Il existe désormais des ateliers de café bosnien à Sarajevo — de vraies sessions où un local vous enseigne la préparation, l’histoire et le rituel. Ce sont de bonnes expériences si vous voulez emporter la pratique chez vous. L’expérience de l’atelier café est couverte dans le guide dédié.
Les ateliers ne sont pas nécessaires pour apprécier le café dans la ville, mais ils contextualisent quelque chose qui est facile à vivre sans pleinement comprendre. À vous de voir si cela compte pour vous.
Related reading

Le rituel du café bosnien — guide pour débutants
Le café bosnien n'est ni turc ni espresso. C'est son propre rituel, préparé dans une džezva, savouré lentement. Voici comment s'y prendre.

Guide de la culture du café bosnien
Comment boire le café bosnien : le džezva, le rahat lokum, les meilleures kafanas de Sarajevo, et pourquoi c'est différent du café turc.

Guide des tours gastronomiques à Sarajevo
Les meilleurs tours gastronomiques de Sarajevo : ce qu'ils couvrent, marchés et restaurants à visiter, prix en BAM et comment combiner dégustation et

Baščaršija — le cœur ottoman de Sarajevo
Baščaršija, bazar ottoman du XVe siècle à Sarajevo : fontaine Sebilj, artisans, mosquées, cafés bosniens et conseils pratiques.

Où dormir à Sarajevo — meilleurs quartiers et hôtels
Baščaršija est la meilleure base pour les premiers visiteurs — historique et praticable à pied. Guide honnête des quartiers de Sarajevo, prix et