Premier voyage à Sarajevo — ce qui vous attend
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Sarajevo est nichée dans une vallée si étroite que la ville a dû grimper sur les flancs des collines. Depuis la forteresse de Žuta Tabija, perchée au-dessus de Baščaršija, on embrasse toute la mosaïque : minarets ottomans, façades austro-hongroises, tours de l’ère yougoslave et béton encore marqué de bâtiments fraîchement réparés. Rien ne prépare vraiment à l’épaisseur des strates de cet endroit.
Je suis arrivé un soir d’octobre gris, j’ai posé mon sac au terminal principal de bus, et j’ai passé les vingt premières minutes délibérément perdu. C’est, je crois, la bonne façon d’arriver à Sarajevo.
La ville est plus petite qu’on croit — et plus grande
Sarajevo compte environ 300 000 habitants. Le cœur historique — Baščaršija et le vieux quartier du bazar — est assez compact pour le traverser à pied en une demi-heure d’un bout à l’autre. Et pourtant, la ville ne cesse de révéler de nouvelles couches. Le pont Latin où l’héritier austro-hongrois fut abattu en 1914. Le Tunnel de l’espoir creusé sous la piste de l’aéroport pendant le siège. Les « roses de Sarajevo » — impacts de mortier comblés de résine rouge, incrustés dans les trottoirs à travers toute la ville.
Prévoyez au moins trois jours. Deux, c’est faisable mais précipité. Un seul jour ne suffit pas.
Dans quel quartier s’installer
La plupart des premiers visiteurs logent à Baščaršija ou à proximité, et ce n’est pas sans raison : tout est à portée de marche. Le vieux bazar, la mosquée Gazi Husrev-beg, la rivière, les rues du marché — tout est sur le pas de votre porte. Les hébergements économiques s’y concentrent aussi, des petites pensions familiales à une poignée d’auberges de jeunesse bien tenues.
Le corridor de la rue Ferhadija relie Baščaršija à la zone austro-hongroise qui s’étend à l’ouest. L’architecture y change brutalement — on franchit une ligne invisible où les minarets cèdent la place aux arcades de cafés d’époque habsbourgeoise. C’est l’une des transitions urbaines les plus déconcertantes (et délicieuses) d’Europe.
Pour un séjour plus calme, les quartiers de Kovači et Bistrik sur les collines au-dessus de Baščaršija sont vraiment charmants : ruelles pavées en pente, moins de touristes, et des vues sur les minarets.
Consultez le guide complet des hébergements à Sarajevo pour les descriptions de quartiers et les bonnes adresses.
Le siège est encore visible
Le siège de Sarajevo de 1992 à 1995 est le plus long siège d’une capitale dans la guerre moderne. Près de quatre ans. Près de 14 000 morts. Et il a pris fin il y a moins de trois décennies.
Ce n’est pas de l’histoire ancienne — beaucoup des gens que vous croiserez étaient là. Des impacts de balles subsistent sur des murs qui n’ont pas encore été replâtrés. Les roses jaunes sont partout dès qu’on commence à les chercher. Le Musée de l’enfance de guerre, près de l’artère principale, est l’une des expositions les plus doucement dévastatrices que j’aie jamais parcourues.
Une visite guidée sur la guerre de Bosnie et le Tunnel de l’espoir est, à mon sens, la chose la plus importante à faire à Sarajevo. Pas pour du tourisme de la souffrance, mais pour comprendre. Un bon guide local transforme le contexte en récit, et le Tunnel de l’espoir — creusé à la main pour faire passer vivres et armes sous l’aéroport contrôlé par l’ONU — est extraordinaire en tant qu’espace physique.
La question du café
Le café bosnien n’est pas un espresso. Ce n’est pas non plus du café turc, malgré la ressemblance visuelle. C’est un rituel à part entière, et les primo-visiteurs s’y prennent souvent un peu mal.
Une džezva (le petit pot en cuivre) arrive à votre table avec une petite tasse, un morceau de sucre et parfois un rahat loukoum. Le café a déjà infusé dans la cafetière. On ne remue pas. On laisse reposer une minute, puis on verse doucement — en laissant le marc au fond de la džezva. On savoure lentement. Le morceau de sucre peut se dissoudre dans le café, ou se tenir entre les dents à la manière traditionnelle.
Vous trouverez des cafés partout à Baščaršija pour ce rituel. Comptez 2 à 3 BAM (environ 1 à 1,50 EUR) par tasse. Si vous souhaitez approfondir le rituel, des ateliers café bosnien existent dans la vieille ville.
La cuisine : que commander
Commencez par les ćevapi — petites saucisses de viande hachée servies dans du pain somun avec oignon cru et kajmak (une crème caillée). Le débat sur les meilleurs ćevapi de Sarajevo (Aščinica Inat Kuća ? Petica Sarajevo ?) est pratiquement une institution civique. Prenez-en au moins deux portions tout au long de votre séjour pour forger votre propre opinion.
Au-delà des ćevapi, goûtez le burek (pâte feuilletée farcie de viande, fromage ou épinards), le dolma (légumes farcis), et la truite grillée si vous vous aventurez hors de la ville vers les rivières. La scène culinaire sarajévienne récompense ceux qui sont prêts à s’éloigner de l’artère touristique.
Note budget : les repas dans un restaurant traditionnel à Baščaršija coûtent 10 à 18 BAM (5 à 9 EUR), boisson comprise. Les adresses tournées vers les touristes sur le bord de la rivière pratiquent des tarifs plus élevés pour moins de qualité.
Se déplacer
L’essentiel du centre de Sarajevo se fait à pied. Les tramways relient la ville d’est en ouest — les lignes 1 et 3 traversent le centre. Le trajet coûte environ 1,80 BAM et nécessite une carte ou un ticket acheté à l’avance (les conducteurs ne vendent pas toujours les tickets — achetez-les aux kiosques).
Pour le Tunnel de l’espoir, à l’ouest de la ville, il faut un taxi ou une visite guidée. Les taxis ont des compteurs et sont généralement honnêtes — environ 10 à 12 BAM depuis Baščaršija. L’application de covoiturage Bolt fonctionne bien à Sarajevo.
Les excursions à planifier dès le départ
Sarajevo est une base naturelle pour une grande partie de la Bosnie. Konjic et le bunker de Tito se trouvent à environ 50 kilomètres au sud, le long du canyon de la Neretva — assez proches pour une demi-journée ou une journée complète. Mostar est à environ 130 kilomètres au sud — faisable en excursion à la journée, mieux en une nuit.
Si vous avez quatre jours ou plus, envisagez Lukomir (le village habité le plus haut de Bosnie, favori des randonneurs) et peut-être Travnik et Jajce au nord-ouest. Les deux sont couverts dans le guide des meilleures excursions depuis Sarajevo.
Quelques réserves honnêtes
Le principal piège touristique à Sarajevo n’a rien d’alarmant — ce sont simplement des restaurants surévalués sur l’artère touristique Ferhadija. Un bloc hors du chemin principal et les prix chutent significativement.
Les pickpockets existent sur les marchés, comme partout. Précautions habituelles. La ville est par ailleurs très sûre pour les voyageurs solos, les couples et les familles.
Une note logistique : la Bosnie utilise le mark convertible bosnien (BAM), arrimé fermement à l’euro à environ 1,956 BAM pour 1 EUR. Les distributeurs automatiques sont partout dans le centre. Les cartes sont acceptées dans la plupart des restaurants et hôtels, mais gardez du liquide pour les petits cafés et les étals du marché.
Ce qui reste avec vous
J’avais lu des choses sur Sarajevo avant de venir. Je pensais comprendre. Ce que je n’avais pas anticipé, c’était à quel point cette ville était vivante — comment le poids de l’histoire s’y porte non comme un fardeau, mais comme une sorte d’acuité chez les gens qui y habitent. Les cafés pleins d’étudiants et de professionnels. Les marchés du week-end. La fierté de la complexité de la ville, de sa survie improbable.
Sarajevo n’a pas besoin de votre solennité. Elle a besoin de votre attention.
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