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Sarajevo austro-hongrois — la ville des Habsbourg

Sarajevo austro-hongrois — la ville des Habsbourg

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Crossroads of Cultures – Sarajevo Walking Tour

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Quel est l'héritage austro-hongrois à Sarajevo ?

L'Autriche-Hongrie a occupé la Bosnie en 1878 et l'a administrée jusqu'en 1918. À Sarajevo, les gouverneurs habsbourgeois ont bâti un centre-ville à l'européenne immédiatement à l'ouest du bazar ottoman — un quartier administratif de bâtiments néoclassiques, néo-mauresques et Art nouveau qui longe encore la rivière Miljacka. Les plus célèbres sont la Vijećnica (hôtel de ville, 1896) et le pont Latin, où l'archiduc François-Ferdinand a été assassiné en 1914.

Remontez vers l’ouest la rue Ferhadija de Sarajevo depuis le bazar ottoman et en moins de 200 mètres, la ville change de visage. Les minarets et les ateliers de cuivre cèdent la place à des façades néoclassiques, de larges trottoirs et une cathédrale catholique. C’est le Sarajevo austro-hongrois — une ville administrative européenne greffée sur une cité ottomane en quarante ans, de 1878 à 1918. Il s’agit de l’une des transitions urbaines les plus visuellement saisissantes d’Europe.

L’occupation habsbourgeoise

L’Autriche-Hongrie a pris officiellement possession de la Bosnie-Herzégovine en 1878, à la suite du Congrès de Berlin qui a réorganisé les Balkans après la guerre russo-ottomane de 1877-1878. L’Empire ottoman a cédé le contrôle administratif ; la Bosnie n’a été ni pleinement intégrée à l’Autriche-Hongrie ni rendue indépendante, mais administrée comme un condominium des deux halves de l’empire.

Les Habsbourg ont abordé la Bosnie comme un chantier. Ils ont apporté les chemins de fer, les routes, un système juridique, des infrastructures minières et la médecine moderne. Ils ont aussi apporté l’architecture. Le ministère des Finances conjoint à Vienne — le département chargé de l’administration de la Bosnie — a commandé une série de bâtiments publics ambitieux pour Sarajevo, conçus pour exprimer la modernité et la légitimité habsbourgeoises.

L’administration bosnienne a été menée surtout par deux figures : Benjamin Kállay, ministre des Finances conjoint de 1882 à 1903, qui a supervisé le développement économique ; et le comte Eduard Taafe en tant que gouverneur. Ensemble, ils ont autorisé un programme de construction qui a physiquement refaçonné la ville à l’ouest de la Miljacka. Les architectes ont utilisé un mélange de styles néoclassique, néo-mauresque (pour signaler le respect de la culture ottomane bosnienne), roman revival et Art nouveau.

Ferhadija : le boulevard où deux mondes se rencontrent

Ferhadija est l’épine dorsale piétonne du centre de Sarajevo, courant à l’ouest depuis le quartier ottoman jusqu’à la cathédrale catholique. C’est là que les deux villes ne font plus qu’une rue. À son extrémité orientale, Ferhadija se transforme en Sarači, qui mène à Baščaršija ; à son extrémité occidentale, elle s’élargit en une place de style européen avec la cathédrale.

Les bâtiments de Ferhadija datent des années 1880 aux années 1910. L’ancien bâtiment de la Poste (aujourd’hui reconverti en galerie marchande) est un bel exemple de fonctionnalisme viennois. Plusieurs cafés et restaurants occupent les rez-de-chaussée ; la ruelle piétonne a été rénovée plusieurs fois mais conserve son caractère de l’époque habsbourgeoise.

Les Roses de Sarajevo — des impacts d’éclats d’obus dans les pavés comblés de résine rouge — sont visibles sur Ferhadija et les rues voisines. Ces marques, créées par des explosions de mortiers lors du siège de 1992-1995, sont conservées en tant que mémoriaux aux morts ; le guide des Roses de Sarajevo en explique la signification.

La visite guidée Carrefour des cultures à Sarajevo parcourt les deux strates ottomane et habsbourgeoise de la ville, avec un guide capable d’expliquer comment ces deux cultures urbaines ont coexisté et comment la période habsbourgeoise est perçue aujourd’hui.

La Vijećnica : l’hôtel de ville

La Vijećnica (qui signifie « maison du conseil » en bosnien) est le plus spectaculaire des bâtiments habsbourgeois de Sarajevo. Achevée en 1896, elle a été conçue par Aleksandar Wittek et Karl Panek dans un style néo-mauresque — des arcs en fer à cheval pointus, des pierres de couleur en bandes horizontales crème et rouge, des ornements d’arabesque. L’intention était de créer un bâtiment renvoyant à l’héritage ottoman de la ville tout en affirmant l’autorité habsbourgeoise. Le résultat est extraordinaire : on dirait le rêve viennois de ce que devrait être un édifice public islamique.

La Vijećnica abritait le Conseil municipal et, à partir des années 1940, la Bibliothèque nationale et universitaire de Bosnie-Herzégovine. Le 25 août 1992, pendant le siège, des obus incendiaires serbes ont mis le feu au bâtiment. L’incendie qui en a résulté a détruit environ 90 % du fonds de la bibliothèque — dont des manuscrits ottomans irremplaçables et des livres rares. Ce fut l’un des actes délibérés de destruction culturelle les plus importants de l’histoire européenne moderne.

Le bâtiment a été soigneusement restauré, financé notamment par l’Union européenne, et a rouvert le 9 mai 2014. L’intérieur est désormais utilisé pour des expositions, des concerts et des événements. Les travaux de rénovation ont mis au jour des éléments décoratifs originaux cachés sous des couches ultérieures. L’entrée est d’environ 5 BAM ; cela vaut le déplacement.

Le pont Latin et François-Ferdinand

Le pont Latin (Latinska ćuprija), un pont en pierre ottoman tardif sur la Miljacka près de l’hôtel de ville, fut le lieu de l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand le 28 juin 1914. François-Ferdinand, héritier du trône austro-hongrois, visitait Sarajevo lors d’une inspection militaire cérémonielle — un choix de date malheureux : le 28 juin est Vidovdan, la Saint-Vitus, une date chargée dans la mémoire nationaliste serbe.

Un groupe de jeunes nationalistes serbes bosniens, organisés par la société secrète de la Main Noire, étaient positionnés le long de l’Appel Quay pour assassiner l’archiduc. La première tentative a échoué (une bombe lancée sur la voiture a rebondi et a explosé sous un véhicule suivant). François-Ferdinand a continué jusqu’à l’hôtel de ville, a prononcé son discours, puis a été dévié vers le quai pour rendre visite aux blessés de l’explosion de la bombe. Une erreur de direction a amené la voiture dans la rue François-Joseph ; le chauffeur s’est arrêté pour faire marche arrière près du coin du pont Latin où se trouvait Gavrilo Princip. Princip a abattu l’archiduc et son épouse Sophie à bout portant.

La crise diplomatique qui en a résulté, alors que l’Autriche-Hongrie exigeait réparation de la Serbie et que les systèmes d’alliances s’enclenchaient, a conduit à la Première Guerre mondiale. Le pont Latin est à courte distance à pied de la Vijećnica. Un petit musée au coin du pont (entrée environ 5 BAM) marque le site. Le guide de l’assassinat de François-Ferdinand retrace l’histoire complète.

Autres bâtiments habsbourgeois

Cathédrale du Sacré-Cœur (1889) : La principale cathédrale catholique de Sarajevo est une structure néo-gothique sur une place agréable juste à l’ouest de la Vijećnica. C’est la plus grande église catholique de Bosnie ; l’intérieur est bien entretenu et ouvert aux visiteurs. Entrée gratuite.

Cathédrale orthodoxe de la Nativité (1872) : Construite peu avant la prise de contrôle habsbourgeoise, cette cathédrale orthodoxe a en fait été commandée sous la domination ottomane. Elle se dresse sur une place à quelques pâtés de maisons à l’ouest du bazar et est un bel exemple d’architecture ecclésiastique orthodoxe serbe. Entrée gratuite.

L’Appel Quay (Obala Kulina Bana) : Le boulevard en bord de rivière construit par les Habsbourg comme principale rue cérémonielle de Sarajevo. Large, bordé d’arbres et faisant face à la Miljacka, il conserve une grande partie de son caractère d’origine. L’hôtel Evropa sur cette rue fonctionne depuis l’époque habsbourgeoise.

Zemaljski Muzej (Musée national, 1888) : Le bâtiment du musée de l’époque habsbourgeoise à l’extrémité ouest de la ville est l’un des plus majestueux des Balkans, abritant des collections d’histoire naturelle, d’archéologie et d’ethnographie. Entrée environ 5 BAM. La collection archéologique comprend les célèbres stećci bosniens (pierres tombales médiévales). Voir le guide des musées pour les détails.

Le quartier habsbourgeois aujourd’hui

La zone comprise entre la Vijećnica et la cathédrale — correspondant approximativement au district administratif habsbourgeois — est désormais le centre commercial de Sarajevo. Des boutiques, des restaurants et des cafés bordent Ferhadija. Le marché couvert (Markale) quelques pâtés de maisons plus au nord fut le site de deux notoires attaques de mortiers pendant le siège (1994 et 1995) qui ont tué des dizaines de civils ; une plaque commémorative marque l’endroit.

La transition de la Ferhadija commerçante et animée vers les ruelles ottomanes plus calmes près de la mosquée Gazi Husrev-beg est l’une des promenades courtes les plus particulières de toute ville européenne. Le guide de la rencontre des cultures à Sarajevo explique comment quatre communautés confessionnelles et deux zones architecturales distinctes coexistent dans le même centre historique.

Informations pratiques

Comment s’y rendre : Le quartier habsbourgeois est directement accessible depuis l’arrêt de tramway de Baščaršija — marcher vers l’ouest le long de Sarači et Ferhadija. La plupart des hôtels du centre de Sarajevo se trouvent dans cette zone.

Vijećnica : Ouverte approximativement de 10 h 00 à 18 h 00 (vérifier sur place). Entrée environ 5 BAM. L’intérieur vaut 30 à 40 minutes.

Musée du pont Latin : Ouvert approximativement de 10 h 00 à 16 h 00 en semaine. Entrée environ 5 BAM.

Meilleur circuit à pied : Commencer à la fontaine Sebilj (ottomane), marcher vers l’ouest le long de Ferhadija, visiter la Vijećnica, traverser vers le pont Latin, continuer vers l’ouest jusqu’à la cathédrale, puis revenir vers l’est par le quartier juif (rue Mula Mustafe Bašeskije). Durée totale : environ 2 heures à allure tranquille.

Circuits : Le circuit de la grande promenade de Sarajevo et le circuit Carrefour des cultures couvrent tous deux ce terrain, et un guide local apporte une réelle plus-value pour expliquer les dynamiques politiques et culturelles de la période habsbourgeoise.

Questions fréquentes sur Sarajevo austro-hongrois — la ville des Habsbourg

Pourquoi l'Autriche-Hongrie a-t-elle pris la Bosnie en 1878 ?

Le Congrès de Berlin (1878) a accordé à l'Autriche-Hongrie le droit d'occuper et d'administrer la Bosnie-Herzégovine, qui était sous domination ottomane depuis plus de 400 ans. Les Habsbourg voulaient une zone tampon contre l'influence ottomane et russe dans les Balkans. La Bosnie a été formellement annexée en 1908, déclenchant une crise diplomatique.

Quels bâtiments les Habsbourg ont-ils construits à Sarajevo ?

Les principaux bâtiments habsbourgeois sont la Vijećnica (hôtel de ville, 1896), la Evangelische Kirche (église protestante), la cathédrale du Sacré-Cœur, la cathédrale orthodoxe, l'hôtel Evropa, l'ancien bâtiment de la Poste sur Ferhadija, et de nombreux immeubles d'appartements et bâtiments administratifs le long de l'Appel Quay (aujourd'hui Obala Kulina Bana).

Que s'est-il passé au pont Latin ?

Le 28 juin 1914, l'archiduc François-Ferdinand, héritier du trône austro-hongrois, a été abattu dans sa voiture décapotable par Gavrilo Princip sur le pont Latin (alors pont François-Joseph). Cet assassinat a déclenché la chaîne d'événements qui a conduit à la Première Guerre mondiale. Le guide de l'assassinat de François-Ferdinand couvre cela en détail.

La Vijećnica est-elle ouverte aux visiteurs ?

Oui. La Vijećnica (hôtel de ville et bibliothèque nationale de Sarajevo) a été reconstruite après avoir été détruite par l'incendie de 1992 pendant le siège et a rouvert en 2014. Elle est désormais ouverte aux visiteurs comme espace culturel et événementiel. L'entrée est d'environ 5 BAM.

Comment le quartier austro-hongrois se compare-t-il au quartier ottoman ?

Le contraste est saisissant et perceptible en quelques mètres sur la rue Ferhadija. À l'est : le bazar de Baščaršija, minarets, pavés et maisons de café. À l'ouest : de larges boulevards de style européen, des façades néoclassiques, des tramways électriques et des églises catholiques. Sarajevo est l'une des très rares villes où l'on peut passer d'une culture urbaine aussi distincte à une autre en cinq minutes à pied.

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