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Sarajevo — la Jérusalem de l'Europe

Sarajevo — la Jérusalem de l'Europe

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Sarajevo in a Day – History, Tradition, War, Gastronomy

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Pourquoi Sarajevo est-elle appelée la Jérusalem de l'Europe ?

Sarajevo a mérité ce surnom parce qu'elle est l'une des rares villes au monde où une mosquée, une cathédrale catholique, une église orthodoxe et une synagogue se dressent à quelques centaines de mètres les unes des autres. Quatre communautés religieuses — Bosniaques musulmans, Croates catholiques, Serbes orthodoxes et juifs séfarades — coexistent dans la ville depuis des siècles, chacune maintenant des institutions culturelles distinctes tout en partageant le même espace urbain.

Sarajevo est la seule ville d’Europe où l’on peut entendre l’appel à la prière musulman, les cloches de l’église catholique et les cloches de l’église orthodoxe en succession, le tout depuis les mêmes rues. Le surnom de « Jérusalem de l’Europe » — appliqué pour la première fois par l’écrivain autrichien Paul Morand en 1933 — rend compte de la densité des communautés religieuses, des monuments sacrés et des couches culturelles compressées en une seule ville. Comprendre cette densité est la façon la plus enrichissante de vivre Sarajevo.

Quatre communautés dans une seule ville

Les quatre communautés religieuses de Sarajevo sont arrivées à des moments différents de l’histoire de la ville, et chacune a laissé des empreintes architecturales et culturelles encore visibles aujourd’hui :

Les Bosniaques musulmans sont la communauté fondatrice du Sarajevo ottoman, établi dans les années 1460. Les mosquées, l’organisation du bazar, les cafés, les fontaines et les traditions architecturales de Baščaršija descendent tous de la culture musulmane de l’époque ottomane. L’islam est la religion majoritaire à Sarajevo aujourd’hui.

Les juifs séfarades arrivèrent au XVIe siècle, expulsés d’Espagne et du Portugal. Les Ottomans accueillirent les réfugiés juifs qui apportaient avec eux des compétences, du commerce et du capital. Le quartier juif de Sarajevo (Mala Carsija, le Petit Bazar) se développa à côté de Baščaršija. La communauté établit deux synagogues — la séfarade (Il Kal Grande, convertie plus tard en musée juif) et l’ashkénaze (encore en activité). La Haggada de Sarajevo, produite à Barcelone vers 1350, arriva avec ces réfugiés et constitue aujourd’hui l’un des manuscrits juifs les plus importants au monde.

Les Serbes orthodoxes sont présents dans la région depuis la période médiévale, antérieure à la conquête ottomane. La cathédrale orthodoxe de Sarajevo fut construite en 1872, à l’époque ottomane tardive — les Ottomans autorisèrent la construction d’églises chrétiennes au fur et à mesure que l’empire se modernisait au XIXe siècle. La communauté orthodoxe possède son propre quartier résidentiel et ses institutions culturelles.

Les Croates catholiques arrivèrent en plus grand nombre avec les Habsbourg après 1878, bien que les prêtres franciscains aient maintenu une présence catholique en Bosnie tout au long de la période ottomane (les Ottomans toléraient généralement les ordres religieux catholiques). La cathédrale du Sacré-Cœur (1889), une structure néo-gothique visible depuis la zone piétonne principale, est le principal monument de la communauté catholique.

La géographie sacrée du centre de Sarajevo

Dans un rayon de 500 mètres autour de la fontaine Sebilj à Baščaršija, on peut trouver :

  • La mosquée Gazi Husrev-beg (1531) — la plus grande mosquée ottomane des Balkans
  • La vieille synagogue séfarade (aujourd’hui le Musée juif de Bosnie-Herzégovine)
  • La cathédrale orthodoxe de la Nativité (1872)
  • La cathédrale catholique du Sacré-Cœur (1889, à 800 mètres plus à l’ouest)

Aucune autre ville d’Europe continentale n’a cette densité de grands lieux de culte de quatre confessions différentes dans un périmètre praticable à pied. La disposition n’est pas accidentelle : le système ottoman permettait à chaque communauté (millet) de maintenir ses propres institutions et son propre quartier tout en partageant l’espace commercial et civique du bazar.

Sarajevo en un jour — une visite complète couvrant histoire, traditions, guerre et gastronomie donne accès à tous les sites des quatre communautés religieuses, avec un guide local qui explique leurs relations historiques et actuelles.

La Haggada de Sarajevo

Le symbole le plus tangible du patrimoine juif de Sarajevo est la Haggada de Sarajevo, un livre de prières pour la Pâque produit à Barcelone vers 1350 et apporté à Sarajevo par les réfugiés séfarades au XVIe siècle. Le manuscrit est illustré de 34 miniatures pleine page représentant des scènes du Livre de l’Exode et de la vie religieuse juive — extraordinairement rares pour l’art du manuscrit juif, qui évite généralement la représentation figurative.

La Haggada a survécu à la période ottomane, à l’occupation habsbourgeoise, à l’occupation nazie (où elle fut cachée par un bibliothécaire musulman, Dervis Korkut, qui la sauva au péril de sa vie), à l’ère communiste (où elle fut enfermée dans un coffre bancaire) et au siège de 1992-1995 (où elle fut déplacée dans un lieu tenu secret). Elle a été exposée internationalement et est désormais conservée au Musée national.

Le Musée juif

Logé dans l’ancienne synagogue séfarade (Il Kal Grande, construite en 1580 et reconstruite au XIXe siècle), le Musée juif de Bosnie-Herzégovine documente l’histoire de la communauté juive de Sarajevo du XVIe siècle à nos jours. Le musée couvre l’arrivée des Séfarades, la vie culturelle de la communauté, l’Holocauste et la survie de familles individuelles. L’entrée coûte environ 5 BAM.

La tolérance ottomane et ses limites

Le système ottoman des millets — par lequel les communautés non musulmanes étaient régies par leurs propres lois religieuses dans les affaires personnelles tout en payant la jizya (capitation) — n’était pas l’égalité, mais c’était une forme de coexistence organisée que les États européens n’ont pas atteinte pendant la plus grande partie de la même période. Les Vénitiens expulsèrent leurs juifs ; les Espagnols exécutèrent les leurs. Les Ottomans les accueillirent.

Cette tolérance avait des limites. Les non-musulmans faisaient face à des restrictions sur la construction d’églises, l’équitation et le port d’armes (bien que ces règles fussent appliquées de façon variable). La devshirme enrôlait les garçons chrétiens au service ottoman. Mais le tableau général de la coexistence entre plusieurs communautés dans le Sarajevo ottoman est réel et documenté.

La guerre et ses lendemains

Le siège de 1992-1995 soumit l’identité multiculturelle de Sarajevo à une épreuve sévère. Le siège fut imposé par les forces serbes de Bosnie, motivées par le nationalisme ethnique. La population de la ville — à majorité bosniak mais comprenant un nombre significatif de Serbes sarajéviens, de Croates, de juifs et d’autres qui choisissaient de ne pas partir — endura 44 mois sous les obus et les tirs de snipers, avec des pénuries d’eau, de nourriture et de carburant.

Le guide du siège de Sarajevo couvre l’histoire militaire ; le guide des Roses de Sarajevo explique les mémoriaux physiques. Pour comprendre l’identité multiculturelle de Sarajevo, le siège compte parce que les défenseurs de la ville étaient explicitement multiethniques et défendaient explicitement une culture urbaine pluriconfessionnelle contre un projet nationaliste ethnique. Cette conscience de soi reste centrale dans l’identité de Sarajevo aujourd’hui.

Un circuit à pied : les quatre confessions

Une promenade ciblée couvrant les principaux sites des quatre communautés prend environ deux à trois heures :

Départ : fontaine Sebilj, Baščaršija — le centre du Sarajevo ottoman musulman. Marchez vers le nord jusqu’à la mosquée Gazi Husrev-beg (30 minutes en comptant la cour).

Continuez vers l’est le long des ruelles du bazar jusqu’à la rue Ferhadija, puis quelques rues vers le sud pour trouver le Musée juif dans l’ancienne synagogue séfarade.

Marchez vers l’ouest le long de Ferhadija jusqu’à la zone piétonne. Tournez vers le nord pour trouver la cathédrale orthodoxe (à environ 200 mètres de Ferhadija).

Continuez vers l’ouest le long de Ferhadija jusqu’à la cathédrale du Sacré-Cœur — le joyau catholique, à environ 800 mètres de Baščaršija.

Revenez vers l’est par la rue Mula Mustafe Bašeskije (ou les ruelles parallèles) jusqu’à Baščaršija pour un café à Morića Han.

Ce circuit ne nécessite aucun transport et ne comporte pas de grandes montées. Un guide apporte une valeur ajoutée significative — l’histoire des quatre communautés est suffisamment stratifiée pour qu’une visite guidée soit utile. Consultez le guide des quatre confessions de Sarajevo pour plus de détails sur chaque communauté.

Informations pratiques

Les sites individuels sont tous décrits dans des guides dédiés :

Tous les sites du centre de Sarajevo sont accessibles à pied les uns des autres. Les lignes de tram sur Ferhadija et le quai Appel relient les principales zones. Consultez le guide des transports en commun de Sarajevo pour les itinéraires de tram.

Questions fréquentes sur Sarajevo — la Jérusalem de l'Europe

Quelles quatre confessions coexistent à Sarajevo ?

L'islam (représenté par les Bosniaques musulmans, la plus grande communauté), le catholicisme romain (Croates bosniens), le christianisme orthodoxe serbe et le judaïsme (juifs séfarades, dont les ancêtres arrivèrent après leur expulsion d'Espagne en 1492). Chaque communauté a maintenu ses propres lieux de culte, institutions culturelles et traditions à Sarajevo pendant des siècles.

Quand les juifs sont-ils arrivés pour la première fois à Sarajevo ?

Les juifs séfarades — expulsés d'Espagne et du Portugal en 1492 — arrivèrent dans l'Ottoman Sarajevo au XVIe siècle. Les Ottomans, contrairement aux puissances européennes contemporaines, accueillirent les réfugiés juifs. La communauté juive établit son propre quartier (Mala Carsija), des synagogues et des institutions culturelles. La Haggada de Sarajevo, manuscrit enluminé judéo-espagnol du XIVe siècle, est l'objet le plus célèbre associé à cette communauté.

Qu'est-il arrivé à la communauté juive de Sarajevo pendant la Seconde Guerre mondiale ?

L'occupation nazie de la Yougoslavie commença en 1941. La majeure partie de la communauté juive de Sarajevo (environ 10 000 personnes) fut déportée et tuée, principalement dans des camps de concentration en Croatie et en Pologne. La Haggada de Sarajevo fut cachée par un bibliothécaire musulman, Dervis Korkut, la sauvant des nazis. La communauté qui subsiste aujourd'hui ne représente qu'une infime fraction de sa taille d'avant-guerre.

La célèbre Haggada de Sarajevo est-elle visible ?

La Haggada de Sarajevo est conservée au Musée national (Zemaljski Muzej) et est exposée occasionnellement. C'est l'un des plus anciens et des plus beaux manuscrits enluminés séfarades existants. Le Musée national mérite lui-même la visite pour ses collections plus larges. Le [guide des musées de Sarajevo](/fr/guides/musees-de-sarajevo/) donne les détails d'accès.

Comment les quatre communautés se rapportent-elles aujourd'hui ?

Le siège de Sarajevo de 1992-1995 (par les forces serbes de Bosnie) a laissé des cicatrices dans les relations entre communautés, particulièrement entre Bosniaques et Serbes. La ville est aujourd'hui à majorité bosniak. Les communautés catholique et orthodoxe ont leurs propres institutions ; la communauté juive, bien que petite, maintient les synagogues ashkénaze et séfarade. Des initiatives interconfessionnelles existent, mais la situation politique en Bosnie reste compliquée.

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